Un regard bear sur la conférence FTM de 1995
Par ERIC KRISTENSEN .
Traduction d’un article issu du zine TransFagRag, paru en 1996 aux États-Unis.

Un GAI (Gay avec Accessoire Intégré) jette un œil aux modèles DIY.
Lettre ouverte à mes frères bears,
par ERIC KRISTENSEN
J’ai participé à la toute première conférence de FTM à San Francisco, et ai été surpris par tous les beaux bears que j’y ai rencontré. Tous les types de bears étaient représentés : fins et musclés avec des barbes bien taillées, des bears motards aux cheveux longs, des bears velus avec de belles bedaines, des loutres, des van Dyke enjoués et des bears à barbichette… Ils étaient là en force !
Bien que certains FTM gays semblent avoir eu une attirance pour les hommes gays aussi innée que n’importe lequel d’entre nous (qui remonte à leurs souvenirs les plus anciens), d’autres ont suivi un chemin différent pour devenir un FTM queer – ils sont d’abord sortis avec des hommes mais sentant qu’il manquait quelque chose, sont devenus lesbiennes, ce qui semblait mieux jusqu’à… ce qu’ils prennent conscience que devenir un homme était l’aboutissement de leur quête. À ce moment-là, une autre prise de conscience commence à émerger : leur désir évolue et, en se masculinisant, leur désir se porte sur les hommes gays.
Peu importe la manière dont un FTM gay arrive à ce stade de son parcours, c’est une marque d’honneur de se faire pousser une barbe. Beaucoup à la conférence en arboraient de magnifiques. Dans le vol au départ de Boston, je me demandais avec regret pourquoi je traversais le continent pour me rendre à la Mecque gay de San Francisco afin d’assister à une conférence réunissant principalement des hommes hétérosexuels. J’ai été agréablement surpris de constater que beaucoup des FTM présents à la conférence étaient queers. Ce qui n’était pas surprenant, c’est que ces nouveaux hommes, ces beaux bears, avaient peur d’être sans cesse rejetés du monde gay.
Ces beaux bears avaient peur d’être sans cesse rejetés du monde gay.
Si j’y suis allé, c’est en partie pour aider, par ma présence, à dissiper quelque peu cette peur. Après tout, je ne peux pas être le seul pédé au monde à ne pas être complètement phallocentrique – je veux dire, un pénis, c’est bien et tout, mais j’ose espérer que ce n’est pas le plus attirant chez un homme ! Si c’est le cas, je parle dans le vide, pour ainsi dire. De toute façon, je ne pouvais pas être le seul mec gay au monde qui se fichait que son petit ami ait un pénis ou un vagin. Et comme je suis célibataire, pour être parfaitement honnête, une autre raison importante pour laquelle j’ai traversé le pays pour assister à la conférence était de rencontrer des hommes, et je savais qu’au moins quelques amis queer seraient là. Hé, je suis humain.

Bien sûr, un certain rejet des FTM dans le monde gay est probablement inévitable. Mais il y a des gens comme moi, et peut-être toi, qui se fichent vraiment de la plomberie. J’ai rencontré quelques autres bears avec outil intégré à la conférence, dont un qui était là avec son petit ami FTM incroyablement séduisant.
Selon moi il y a plein de choses qui font un homme, mais en fin de compte, c’est la personne qui est à l’intérieur qui compte bien sûr. Il y a certains aspects externes que je trouve incroyablement attirants… les barbes, les yeux pétillants et/ou très expressifs, les cheveux foncés, les muscles, les ventres poilus, certains types de tatouages, et ainsi de suite. J’ai retrouvé toutes ces qualités attrayantes à la conférence, et même plus. Au début, j’ai eu du mal à croire que la plupart des participants étaient FTM. Vers la fin de la conférence, j’ai eu une longue conversation avec plusieurs FTM, et l’un m’a demandé : « Alors, quand est-ce que tu as fait ta transition ? . J’ai répondu « MERCI… t’as refait mon week-end ! », tandis que mon ami pré-transition, Andy, s’est amusé de cette ironie avec un rire sincère.
Plusieurs des hommes que j’ai rencontrés personnellement étaient, à mes yeux, magnifiques ! Sachez qu’ils sont en train de faire leur chemin vers vos lieux de rencontre queers et bears locaux, de Boston à la Nouvelle-Orléans, d’Anchorage à la Lone Star. Accueillez-les bien, et prenez soin d’eux comme des frères. Si vous apprenez à connaître les FTM avec un esprit ouvert, vous trouverez de merveilleux compagnons. Ils ont beaucoup appris sur la vie au cours de leur parcours.
TFR.
ERIC KRISTENSEN est un homme gay qui aime les hommes, peu importe ce qu’ils ont entre leurs jambes ! Il est ouvert d’esprit – politiquement, socialement et érotiquement.
Texte relu et traduit par Loren, Sitrul, Loeiz et Elliott.
